UNE FAMILLE EN AMERIQUE DU SUD

 AQUANDES 

 
 

01 trajet

 

02 par Laurent

03 par Véro

07 Photos

CARNET DE ROUTE 4

150 virages et une dénivelée de 900m sur une distance de 15Km, nous sommes sur l’Estrada Graciosa. Cette route fut la première du pays à être pavée afin de désenclaver Curitiba. La ville, bâtie sur un haut plateau, est séparée de la mer par une chaîne de montagne tapissée d’une forêt pluviale très dense. La circulation est interdite aux camions mais la police nous confirme que, étant un véhicule de tourisme, Enzo peut y aller. La descente vertigineuse est abordée à une vitesse de 20Km/h ; le paysage est grandiose. Lovée au pied des montagnes, la petite ville de Morretes est inscrite au patrimoine national pour ses habitations typiques de l’architecture coloniale tropicale.
Nous avions passé les quelques jours précédents à visiter Curitiba. Cette ville étonnante, plus européenne que sud-américaine, possède un système de transports en commun ultra moderne. Dans le centre, d’énormes bus à double articulation circulent en site propre. Les arrêts surélevés sont à la même hauteur que le plancher des bus. A la périphérie, la majorité des bus sont équipés d’élévateurs pour chaise roulante. 
Nous descendons à notre aise par la côte vers Florianópolis (Floripa pour les intimes), la capitale de l’état du Santa Catarina. C’est une région très touristique qui, en été, est envahie par les Argentins. Les plages de sable blanc, bordées de palmiers, s’étirent entre l’océan et la montagne. L’île de Santa Catarina, sur laquelle se trouve Floripa, concentre à elle seule plus de la moitié des plages de l’état. Toutes les activités aquatiques y sont possibles : dériveur, planche à voile, hobby-cat, kite-surf, jet ski, parapente, surf, plongée, sand-skiing, foot volley, beach-volley et même bronzette. Nous nous installons dans un camping très bien équipé, face à la lagune. Nous y sommes rejoints par nos amis suisses avec qui nous passerons encore quelques soirées inoubliables. 

Pour Enzo, les petits bobos s’accumulent. Si la mécanique tourne rond, l’échappement continue à se désagréger petit à petit. Tout tient ensemble mais les petits trous se multiplient. Le premier accrochage a eu lieu à Iguazu. Une donzelle (ou une grognasse selon mon humeur) est venue se coller à ma roue arrière pour court-circuiter la file à la station service. Quand j’ai démarré, le raccord du taco-ar (système de contrôle de la pression des pneus) a déchiré son pare choc. Tout étant toujours opérationnel de notre coté, nous l’avons laissée en plan avec ses morceaux de plastique. Peu avant d’entrer dans l’état du Rio Grande Do Sul, le ressort compensateur de la pédale d’embrayage casse. La pédale est dure et ne remonte plus complètement. Nous prenons la direction de Caxias do Sul ou se trouve le concessionnaire IVECO le plus proche. Nous nous y traînons péniblement car nos filtres à mazout sont (déjà) colmatés. Toutes les vidanges sont faites et les filtres remplacés mais on découvre un jeu important dans le joint homocinétique de la roue droite. La pièce est spécifique à Magirus et introuvable ici mais l’atelier d’usinage voisin peut nous la refabriquer. Le travail est effectué sans délai sur une machine outil robotisée pour un prix de… 160€ ; impensable en Belgique !

Florianópolis, le 13 Juin, 14h30, tout est normal. Seuls les coups de trompes et de sifflets de quelques énergumènes brandissant des drapeaux brésiliens trahissent l’importance de l’événement à venir. A 16h00, le Brésil joue son premier match de la coupe du monde. Pourtant la nervosité commence à gagner les commerçants. Déjà quelques volets se baissent, quelques lampes s’éteignent. 14h45, le mouvement s’accélère. Les caissières font leurs comptes, les portes se ferment. Même les badauds qui déambulaient sans but semblent contaminés par la frénésie. A 15h00, la ville se vide littéralement. En un seul mouvement, la foule descend vers l’immense gare d’autobus d’où elle pourra rejoindre les faubourgs à temps pour le début du match. 15h30, la ville est vide; plus de piétons, plus de taxis, plus de police, même plus de chiens errants ! Cinq belges au milieu d’une ville sud américaine déserte : un scénario de Spielberg. Les chauffeurs de bus roulent à tombeau ouvert d’un terminal à l’autre, espérant ne pas manquer de phase de jeu intéressante.

Le passager clandestin :

 

Vous ne me connaissez pas encore et pourtant je suis déjà âgé de 27 semaines ! J ai eu l’excellente idée de m’inviter au voyage. Connaissez-vous le bruit des chutes d’Iguaçu, le cri du grand ara bleu ou le claquement de gueule du jacaré ? Eh, bien MOI: oui! Na!

J’apprends plein de chose!

Je peux vous dire que j’ai 3 frères. Premièrement, il y a Xavier. Je le reconnais grâce à ses fous rires et aux conversations très scientifiques qu’il a avec Papa (je ne comprends pas tout !). Ensuite, il y a Sébastien. Lui, il aimerait bien me voir et veux tout savoir sur moi : comment j’ai été fabriqué, ce que je mange, comment les petites graines se transforment en orteils ou en cerveau, si j’entends, si je vois et surtout par où et comment je vais sortir…Il adore me faire des câlins et il est impatient de me prendre dans ses bras. Il voudra bien me bercer quand j’aurai des gros chagrins. Quant à Gaëtan, il m’apprend le chant. Je connais déjà tout le répertoire de Calogero, Balavoine, Yannick Noah,…Quand il chante Queen, je ne comprends rien mais je suis mort de rire ! Il aime me faire des bisous : dans le bus, dans la rue, sur la plage,…Mes trois frères trouvent particulièrement répugnant que je boive l’eau dans laquelle je fais pipi !

Vous voulez de mes nouvelles…Je vais bien ! Je tète les trucs qui poussent au bout de mes bras ; il paraît que je dois m’entraîner. J’adore réaliser des pirouettes ; il paraît que je dois en profiter car je serai bientôt à l’étroit…Je suis en position fœtale la tête en haut. Le docteur a dit que la sortie était en bas. Je veux bien moi, mais ils ne savent pas qu’ici il n’y a ni boussole, ni GPS, ni carte routière et je ne vous parle pas de la signalisation totalement inexistante !!!

 

Les rencontres :

 

Le voyage est avant tout une aventure humaine et rien ne pourrait le remplacer. Au terme de leurs études secondaires, généralement, les jeunes Anglais s’accordent une année sabbatique pendant laquelle ils voyagent. Cette année devrait être une obligation inscrite dans le programme scolaire !

Depuis le début du voyage, nous avons conversé avec des Brésiliens, des Argentins, des Suisses, des Allemands, des Néo-zélandais, des Hollandais, des Français, des Equatoriens, des chauffeurs de poids lourds, des chauffeurs de motor-home, des motards, des navigateurs,…Bien sûr, nous parlons itinéraires, qualité des routes, nous partageons des infos sur les campings, sur les lieux touristiques, sur les douanes,…Chacun de nous rêve en écoutant le récit de l’autre. Nous parlons de l’avant voyage, du voyage, du retour à la vie sédentaire, de l’après voyage Mais le plus important, chacun parle de soi, de ses motivations, de son sens de la vie et des questions existentielles. Il est curieux de constater à quel point il est facile de parler de la Vie avec de parfaits inconnus.

Ces rencontres, cet enrichissement ne sont possible que dans le voyage.

Certains diront qu’il ne s’agit que de rencontres éphémères. Peut-être…mais elles nous marqueront à vie !

 

Voyage et langues :

 

Mon Papa a toujours dit qu’il était préférable de baragouiner plusieurs langues plutôt que dans parler 2 parfaitement. Il a raison ! A partir du moment où l’on fait l’effort de dire quelques mots dans une langue, les portes s’ouvrent…

Quant aux voyageurs, ils ne sont pas de parfait bilingues ! Chacun d’entres nous baragouine en moyenne 3 langues c'est-à-dire sa langue maternelle plus l’anglais, le portugais, le français ou l’espagnol. Bien que nous fassions tous des erreurs de langages, que nous réinventions la conjugaison, on se comprend tous !

 

Ma connaissance de l’espagnol est très basique et un jour j’ai voulu parler d’une chute d’eau appelée « le voile de la mariée ». Je me suis fait comprendre après 10 minutes d’explications et de singeries…Nous avons bien ri et nos copains argentins m’ont félicitée…

 

Une journée en voyage :

 

Comment se déroule une journée de voyageurs ?

Les enfants nous réveillent entre 6h30 et 7h00 du matin. Ils jouent aux Légos ou font les petits sots pendant une heure. Nous déjeunons avec du pain ou des céréales vers 8h00. Vers 9h00, nous débutons l’école. Laurent profite de la matinée pour laver la vaisselle (Oui, oui… !), vidanger la toilette, effectuer un petit check-up du camion, renforcer les étagères, préparer des e-mails ou le carnet de route,…Si l’école se termine vers 11h30, on se met en route. Mais bien souvent, nous démarrons après le dîner. Après-midi, soit nous visitons l’endroit où nous nous trouvons soit nous nous rendons au supermarché, à la banque, au cybercafé, à la poste, au shopping,...

Vers 17h, nous commençons à nous inquiéter de l’endroit où passer la nuit. Nous aimons être à l’arrêt au plus tard vers 19h. D’une part, ce n’est pas très prudent de rouler lorsque l’obscurité est tombée et d’autre part la fatigue commence à se ressentir.

Lorsqu’on s’arrête, la première chose que nous vérifions c’est les douches et leur état de propreté (généralement très correct) : tous à la douche avant le repas.

Selon l’endroit, le budget et les réserves à bord, soit nous préparons nous-mêmes le repas du soir soit nous soupons dans le resto de camionneurs pour un prix démocratique.

Vers 20h30, les enfants vont au lit. C’est généralement le moment des confidences, des larmes et des mots de réconfort pour apaiser toutes les petites tensions.

Laurent et moi profitons de la soirée pour préparer le carnet de route, les e-mails, pour relire quelques pages dans les guides, pour vérifier la carte et pour s’évader dans les romans de John Grisham et autres. Il faut parfois s’évader un peu du voyage…

La vie de couple dans tout ça ?

Les disputes sont jusqu’à présent inexistantes, nous sommes des adeptes de la discussion constructive, il est extrêmement rare que nous élevions le ton. Nous évitons de discuter de nos préoccupations, de nos stress devant les enfants mais ce n’est pas toujours possible. Les enfants savent qu’on a un problème lorsqu’on éclate le carter sur une route de campagne et que l’huile s’est étalée sur toute la carrosserie. Dans ce cas, je m’occupe des enfants et je laisse Laurent faire son diagnostic et nous réfléchissons ensuite à une solution. Ils savent que dans ce cas, il est dans leur intérêt d’être calme.

La vie intime  du couple? Nous attendons patiemment que les enfants s’endorment…

L’intimité de chacun ? Nous avons édicté quelques petites règles de conduite : chaque lit est considéré comme une chambre donc chacun la sienne, la douche/toilette est privée même si la porte est translucide (hors de question de « berdeller » avec celui qui est sur la toilette !), les garçons prennent leur douche avec Papa dans les sanitaires publiques et Maman s’y rend seule.

 

04 par Xavier

Pour une fois, je change de thème. 


Deux jours et deux nuits dans un hangar

A Caxias do Sul, nous découvrons que nous avons un problème de filtre à mazout. Arrivé à une station d’essence, nous demandons où se trouve le garage IVECO. Une fois sur place, nous demandons de réaliser l’entretien. Depuis un certain temps, nous roulions avec un embrayage sans ressort. Le ressort a été rapidement réparé et replacé. On constate qu’il y a du jeu dans le roulement avant droit. Il faudra une demi-journée pour le démonter et découvrir que c’est un système qui n’existe pas ici. Il décide de le porter chez un spécialiste qui va en refabriquer un nouveau. Il reviendra le surlendemain.

La vie dans un garage

C’était bizarre de rester dans le camion posé sur un crick. Pour tuer le temps, j’ai fait « école », j’ai regardé des DVD (« C’est pas sorcier » sur la plongée et « Il était une fois les Amériques »), j’ai aussi joué. J’ai aussi fait un peu le sot !
Pour le premier dîner, les mécaniciens ont commandés des hamburgers. Pas ceux du Mc Donald ; ceux-ci était gigantesque. Il était trop gros pour moi. Pendant la nuit, nous ne pouvions pas sortir de la cellule du camion car l’alarme du garage était enclenchée. Ensuite nous nous sommes réveillé de bonne humeur. Papa et Maman se sont réveillés trop tôt et je n’ai pas pu faire le sot ! Après avoir fait de nouveau école, j’ai joué aux Légos et avec le « C’est pas sorcier » de voyage pendant que les mécaniciens nous préparaient un churrasco (barbecue brésilien). C’est fou la quantité de viande qu’ils peuvent manger ! J’ai pu goûter des pignons chauds, c’est assez particulier ; je n’aime pas ni l’aspect en bouche ni le goût. C’était le dessert. Après le repas, j’ai préparé ce carnet de route.

 

05 par Sébastien

Aujourd’hui, je préfère vous parler de Florianópolis. 
Florianópolis est une ville construite sur une île. Son surnom est Floripa. Pour aller du centre ville vers le camping, il faut monter une grande colline et la redescendre en zigzaguant. C’est amusant et on rigole à chaque fois. On traverse un petit pont, on dépasse la dune et ensuite on arrive au camping. Dans le camping, je roule à vélo parfois je me casse la figure mais jamais un os ! 
Autour de l’île, on pratique le body surf, la planche à voile, du hobie-cat, le kite-surf, la plongée,…
J’ai mis mon tuba et mon masque. Avec Papa, nous avons observé des coquillages, des trous de crabes, des petits poissons et un genre de méduse que nous ne connaissions pas. Nous ne pouvons pas toucher les animaux pour ne pas les abîmer et pour ne pas attraper de maladies.
Pour se rendre dans le centre ville, nous empruntions le bus. Il arrive d’abord dans une gare routière où nous changeons de bus. Il y a de très vieux bâtiments ; c’est très joli. Au marché de l’artisanat, il y avait une dame qui travaillait le verre pour en fabriquer des colliers, des bagues, des boucles d’oreilles,…

A Curitiba

J’ai visité l’œil de Niemeyer, c’est un musée. Autour du musée, il y a de l’eau pour faire joli ; l’eau n’est pas profonde.
Les arrêts de bus sont à la même hauteur que les marches de bus.
Sur la route de Morretes, j’ai mangé du nougat ; cela ressemble à du chocolat blanc.

A Florianópolis

On a dormi sur une île au bord de la lagune. Dans le camping, on s’est fait des copains. J’ai revu Peter et Suzanna « c’est ceux qui sont des suisses » vous savez ? Ils parlent en anglais. C’est drôle, hein ?!? Je ne verrai plus mon copain Peter parce que après, ils partent en “Nanaska”.

A Caxias do Sul 

Je mange du vrai saucisson très, très, très sec.
Je dors dans le garage IVECO. C’est quand même drôle ! Les mécaniciens ont préparé un barbecue. J’ai mangé des cœurs de poulet super bons et j’ai trempé mes tomates dans le ketchup.

06 par Gaëtan

 
 
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